1) Quel type de jardin souhaitez-vous cultiver ?

Il existe un grand nombre de choix quant au type de jardin potager et/ou verger que vous pouvez réaliser. Cette formation s’articule principalement autour du potager en intégrant éventuellement le verger. Vous avez donc la possibilité de créer différents types de jardins :

le potager unique : dans ce jardin potager vous cultiverez uniquement des plantes potagères, des aromatiques et éventuellement des petits fruits comme les fraisiers, framboisiers et groseilliers. Au sein même de ce type de potager vous trouverez différentes possibilités :

  • le potager en bacs ou en carrés
  • le potager traditionnel (à plat)
  • le potager sur buttes ou billons (appelé aussi Hugelkulture, il est souvent associé à la permaculture)
  • le potager surélevé
  • le potager en lasagnes
  • le potager en plates-bandes légèrement surélevées
    • avec cadre en bois
    • sans cadre (ma méthode)

le potager et le verger : dans ce jardin, le potager est physiquement séparé du verger. Ils peuvent être attenants mais à un emplacement vous cultivez votre potager et à l’autre vos arbres fruitiers.

le potager-verger : dans ce modèle vous associez toutes les plantations, qu’elles soient fruitières et potagères. C’est un système à trois étages de végétation avec l’étage supérieur qui est constitué d’arbres fruitiers, l’étage intermédiaire comprend les petits fruits et certains arbustes et lianes maintenus bas et enfin l’étage inférieur comprend les plantes potagères et aromatiques. C’est un modèle de jardin est davantage lié à la permaculture.

2) À quel emplacement situer votre potager ?

Avez-vous une maison avec jardin ? Cultivez-vous dans un jardin familial ? Un jardin partagé ?

Le premier cas est bien entendu préférable car vous allez pouvoir faire le tour du potager plus régulièrement afin de détecter d’éventuels problèmes. Le jardin familial est une bonne solution si vous n’avez pas le choix, ayant moi-même cultivé de nombreuses années dans ce cas, je peux vous donner les avantages et inconvénients :

Le temps de préparation pour aller au jardin, le temps de déplacement, ainsi que le moyen de locomotion sont à prendre en compte. Quand on se rend au jardin ce n’est généralement pas pour 10 minutes, ce qui est embêtant quand on veut simplement quelques aromates pour la cuisine ! Il faut considérer que ce déplacement peut vous prendre quelques heures de travail. Un autre problème des jardins familiaux est que de nombreuses parcelles sont regroupées, les problèmes dus aux bioagresseurs (ravageurs et maladies) sont bien plus présents que dans les potagers isolés. Cependant il y a un côté plus convivial et social, vous pouvez échanger avec les autres jardiniers et prendre des conseils et même échanger des graines, faire des achats groupés.

Quant au jardin à proximité de votre habitation, il faut prendre en compte différents points :

L’eau

La proximité d’un point d’eau pour arroser les cultures est importante. Même si nous avons vu dans le module 1 comment retenir l’eau avec l’utilisation du paillage, des couverts végétaux, en favorisant l’humus, vous aurez certainement besoin d’arroser au printemps et en été. D’autant plus si votre terre est sableuse. Alors ayez un point ou plusieurs points d’eau proches du potager.

Les outils

Dans la même idée, il est pratique d’avoir les outils de jardin à proximité du potager, dans votre garage ou dans un abri de jardin. Il est pénible de devoir faire de nombreux allers et retours parce que vous avez oublié un outil indispensable.

La proximité de la maison

Si vous avez un grand jardin, le potager ne doit pas être trop éloigné, plus il est proche de la maison et plus vous pourrez surveiller et faire des petits travaux d’entretien au quotidien. De plus les potagers actuels sont fleuris et paillés, lorsqu’ils sont bien entretenus ils forment des « paysages » très agréables à l’œil, il n’y a pas nécessité de les cacher au fond du jardin comme ce fût longtemps le cas. Au contraire, votre potager fertile et accueillant la biodiversité doit être une fierté à montrer à vos invités.

Les grands arbres

Les grands arbres vont parcourir votre terrain de nombreuses racines et entrer en concurrence avec les plantes potagères. Pour les feuillus la zone de concurrence est située sous la couronne, pour les résineux cette zone s’étend bien au-delà. Dans ce cas, inutile d’abattre ces grands arbres, je vous recommande de créer un potager sur buttes, en lasagnes ou de créer un potager surélevé. Les racines des plantes potagères auront suffisamment de place et ne seront pas gênées par les racines des arbres.

Les ombres portées

Considérez également les éléments à l’extérieur du jardin, comme les bâtiments et les grands arbres voisins ou qui abritent et ombragent votre terrain. Nous allons y revenir à la suite de cette page.

3) Quels plantes potagères, aromatiques et fruitières souhaitez-vous cultiver ?

Ce point est une redite de ce que nous avons vu dans le module 2 avec la liste des 210 espèces de plantes potagères, aromatiques et fruitières à cultiver dans un potager ou en serre. Nous n’avons pas compté les variétés, ce qui pourrait élever le nombre de possibilités à plusieurs dizaines de milliers de plantes différentes !

Si c’est votre premier potager, demandez-vous quelles sont les espèces prioritaires dans un premier temps. Dans ce cas choisissez des espèces faciles comme les radis, laitues, tomates cerises, haricots verts, courgettes, pommes de terre.

Dans tous les cas, choisissez des espèces que vous consommerez en premier lieu, ensuite choisissez les espèces en fonction de votre terroir. Nous avons déjà vu les espèces à cultiver selon votre type de terre. Il faut aussi considérer votre climat et micro-climat. Les fruitiers méditerranéens se plairont davantage dans le Midi. Les choux préfèrent les climats plus frais du Nord de la France.

4) Quelle est la surface définie pour votre potager ?

Un petit potager est plus facile à entretenir mais donne évidemment moins de récoltes. À l’inverse un grand potager sera plus difficile à entretenir mais vous aurez plus de récoltes et les zones de cultures sont généralement plus spécifiques.

Une bonne partie des potagères sont des annuelles que vous ressèmerez tous les ans, mais quelques-unes ne changeront pas de place durant plusieurs années. C’est par exemple le cas des asperges, des artichauts, des rhubarbes, de la mélisse, du romarin et des autres aromatiques vivaces, ainsi que tous les petits fruits et arbres fruitiers. Il faut en prendre compte dès la création de votre potager afin que vous conserviez assez de place pour les annuelles et les bisannuelles.

Pour les arbres fruitiers, il faut vous demander quelle est leur dimension à maturité. Pour une même espèce de fruitier, vous pouvez envisager une taille de formation différente. Par exemple les poiriers en palmette prennent moins de place que ceux conduits en haute-tige. Les premiers peuvent ainsi être cultivés en bordure de jardin alors que les seconds demanderont un plus grand espace.

5) Quel est votre objectif de culture ?

Pour vous aider à faire déterminer votre surface optimale, nous allons voir quatre grandeurs de potagers et ce qu’ils peuvent vous donner en terme de récoltes.

Type de potagerSurface
petit potager10 m² – 50 m²
potager standardde 50 à 200 m²
potager nourricierDe 200 à 400 m²
potager d’autonomie 400 m² et plus

Le petit potager permet de cultiver quelques légumes estivaux comme quelques pieds de tomates, de courgettes et de concombres. Ajoutons des verdures et des crudités du printemps à l’automne : laitues, radis, épinards. Quelques légumes-racines à cycle mi-long comme des carottes et betteraves. Souvent on cultive dans ces petits potagers diverses plantes aromatiques afin d’en disposer facilement en cuisine : basilic, persil, romarin, thym, menthe etc. Une petite parcelle de fraisier complète souvent ce petit potager. Si nous reprenons les types de potagers évoqués ci-dessus, ce sont souvent des potagers en carré ainsi que des potagers légèrement surélevés avec des bordures en bois. Plus rarement des petits jardins en permaculture avec des design en trou de serrure et des spirales aromatiques.

Le potager standard permet de récolter une bonne partie de l’année des légumes frais pour une famille en comptant une surface de 50 m² par personne adulte. Dans ce type de potager on ajoute au précédent des pommes de terre, des poireaux, des aulx et oignons, des haricots verts, quelques courges et choux. On ajoute des petits fruitiers comme des framboisiers et des cassissiers ainsi que quelques arbres fruitiers éventuellement. Ici sont adaptés tous les types de potagers évoqués ci-dessus.

Le potager nourricier fait une surface moyenne de 300 m² et permet la culture de tous les plantes potagères que nous pouvons voir dans cette formation. On compte facilement le double de surface cultivée par personne adulte. Chaque espèce est cultivée en plus grande quantité. Dans les types de potagers, on oublie les carrés potagers qui sont vraiment dédiés aux petites surfaces. Ici ce sont les potagers traditionnels ou potagers sur buttes ou sur buttes légèrement surélevées qui sont à privilégier. Il serait contre-productif de faire des potagers en carré ou en bac surélevés. Par contre les plate-bandes légèrement surélevées avec ou sans bordures sont également adaptés.

Le potager d’autonomie alimentaire fournit la totalité de votre alimentation en fruits et légumes. 400 m² est la surface minimale pour une famille de 3 à 4 personnes. Ne sont pas comptées les céréales. Chaque espèce est cultivée en plus grande quantité afin de prévoir suffisamment de réserves en hiver. Ainsi nous pouvons compter une grande surface d’environ 50 m² pour la culture de pommes de terre. De nombreux plants de tomates permettent de faire des coulis, tomates séchées et tomates entières en bocaux. Des fruitiers sont cultivés dans un verger attenant ou font partie intégrante du potager-verger. Une serre de culture est indispensable dans cette optique (voir dernier point). Les types de potagers à privilégier sont identiques au potager nourricier.

6) Combien de temps avez-vous à y consacrer ?

Cette question est liée avec la précédente, sur la surface du potager. Un grand potager sera certainement plus chronophage qu’un petit. De manière générale, il vaut mieux démarrer petit afin de bien se rendre compte du temps que demande l’entretien de votre potager et de l’agrandir si c’est possible l’année suivante.

Dans les jardins familiaux, on voit très bien la différence entre les jardiniers retraités et les jardiniers qui ont une activité professionnelle, les premiers ont des jardins traditionnels « modèles », sans adventices et tirés au cordeau. On se demande même s’ils consomment des légumes tellement les jardins en sont remplis ! Les seconds jardiniers sont souvent débordés par les travaux !

Type de potagerSurfaceTemps de travail hebdomadaire
petit potager10 m² – 50 m²Moins d’une heure de novembre à février ; 5 heures de mars à juin ; 3 heures en juillet et août et 2 heures en septembre et octobre
potager standardde 50 à 200 m²1 à 2 heures de novembre à février ; 10 heures de mars à juin ; 6 heures en juillet et août et 5 heures en septembre et octobre
potager nourricierDe 200 à 400 m²2 à 3 heures de novembre à février ; 15 heures de mars à juin ; 9 heures en juillet et août et 7 heures en septembre et octobre
potager d’autonomie400 m² et plus3 à 4 heures de novembre à février ; 20 heures de mars à juin ; 12 heures en juillet et août et 9 heures en septembre et octobre

7) De quelles ressources disposez-vous ?

Un potager demande des ressources financières, surtout au démarrage : outils, semences et plants, consommables, formation etc. Si votre budget est serré investissez petit à petit dans les outils et si comme moi le potager devient une passion, investissez dans du matériel de qualité, plus durable. Pour économiser, faites vos semences, votre compost, récupérez votre eau de pluie, regroupez les achats onéreux. Pourquoi ne pas mutualiser du matériel entre voisins jardiniers ou mutualiser l’achat grâce à une association (jardins partagés), par exemple le broyeur pour faire du BRF.

Avez-vous des collecteurs d’eau de pluie ? Avez-vous un puits à eau ? Comme nous l’avons vu l’eau est une ressource précieuse au jardin. Les plantes potagères sont des plantes qui aiment l’eau de manière générale et leur rendement en dépend en bonne partie. De même que nous l’avons vu

8) Allez-vous installer une serre ?

Une serre de culture permet de cultiver une plus grande variété de plantes potagères durant les saisons froides et d’allonger la récolte des légumes à cycle long comme les légumes-fruits. Elles permettent en plus de protéger vos semis en contenants au printemps.

Les serres tunnel sont moins onéreuses que les serres en verre, mais ces dernières sont plus esthétiques.

Type de potagerSurfaceSerre
petit potager10 m² – 50 m²Optionnelle
potager standardde 50 à 200 m²Optionnelle
potager nourricierDe 200 à 400 m²Recommandée
potager d’autonomie400 m² et plusNécessaire

A vous de jouer

Je vous invite à prendre une feuille blanche et à réfléchir pour chacune de ces 8 questions. Quel est le type de potager qui ressort ? N’hésitez surtout pas à partager vos réponses dans les commentaires ci-dessous. Je suis très curieux de connaitre le potager que vous souhaitez cultiver ! 🙂

Poursuivre : Définir l’emplacement et l’exposition de votre potager