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Le semis à chaud à l’intérieur permet de faire bénéficier à certaines espèces de plantes des températures chaudes de votre habitation durant l’hiver. Ces plantes seront ensuite plantées au jardin après que le risque de gel est dépassé.

Le semis à chaud est fait pour les plantes gélives, exigeantes en chaleur, à cycle ou à germination longues.

Le semis à chaud se réalise globalement de février à fin avril.

Les espèces concernées :

  • Aubergine
  • Piment, poivron
  • Tomate
  • Céleri-rave, branche et à couper
  • Coqueret du Pérou et tomatillos
  • Aromatiques : basilic

Et éventuellement :

  • Aromatiques : sauge officinale et sclarée, coriandre, marjolaine
  • Artichaut
  • Cucurbitacées : Concombre, courge, courgette, cornichon, melon

Réussir vos semis à chaud

Pour réussir la plupart des semis, il faut réunir plusieurs conditions : les deux premières sont le maintien de chaleur et d’humidité jusqu’à la germination des graines.

Dès que les graines germent, une troisième condition s’ajoute aux deux précédentes, c’est la lumière. Les plantules cherchent de la lumière pour faire de la photosynthèse et croitre correctement.

Chaleur – Humidité – Lumière : le trio à réunir pour réussir vos semis à chaud

Or, le problème récurrent chez une grande majorité de jardiniers débutants et même chez les plus expérimentés, est lié au manque de lumière. Les jeunes plantules cherchent la lumière et font de longues tiges très fragiles. Les plants manquent de robustesse et sont irrattrapables.

Des plantules qui filent = semis raté

D’autres problèmes peuvent également arriver : un manque ou un excès d’eau, une température trop élevée, etc. Pour réussir vos semis, il faut parvenir à trouver l’équilibre sur ces trois critères.

1) La température

La plupart des plantes citées ci-dessus germent à une température de 20°C. Pour l’aubergine, 24°C sera préférable, le poivron et piment 23°C, le basilic 22°C, la tomate et le céleri 20°C. Les cucurbitacées ont besoin de 15°C minimum, 18°C étant préférable.

Plus la température est élevée et plus la levée des graines est rapide.

Mais attention, une température trop élevée est aussi néfaste ! Je vous donnerais comme température maximale 28°C pour les plantes citées ci-dessus. Ne cherchez pas à aller au-delà, cela serait contre-productif et inutilement énergivore en période hivernale.

Pour atteindre ces températures élevées vous pouvez placer vos semis au bord d’une fenêtre bien exposée ou dans une véranda, afin de profiter du rayonnement solaire en journée. Sinon la proximité d’une cheminée, d’un poêle, d’une chaudière ou d’un chauffage sont aussi favorables.

La nappe chauffante

Une autre solution est l’utilisation d’une nappe chauffante (vu dans le matériel pour semer). L’avantage est qu’elle permet de diffuser une température homogène sous les semis.

La nappe chauffante peut être laissée branchée en permanence tant que les graines n’ont pas germées. Une fois que la germination a eue lieu, la nappe chauffante est arrêtée durant la nuit et allumée en journée. Davantage de chaleur en journée, mais moins pendant la nuit.

Une alternance de température entre le jour et la nuit est bénéfique pour une croissance équilibrée des plantes.

2) L’humidité

L’eau est indispensable à la vie et sans eau les graines ne peuvent germer. Toute la difficulté est donc de s’assurer que les graines soient bien en contact avec l’eau suite au semis.

En pratique, faites toujours un double arrosage sur vos semis en contenants : par dessous et par dessus.

C’est-à-dire que l’arrosage par dessus se fait par pulvérisation ou arrosage léger avec une bouteille d’eau au bouchon percé. L’arrosage par dessous consiste à faire remonter l’eau dans le terreau par capillarité : on rempli d’un fond d’eau la soucoupe ou le bac de mini-serre. Si le terreau ne parvient à absorber toute l’eau au bout d’un quart d’heure à une demi-heure, on évacue le surplus.

Vous pouvez ensuite recouvrir la terrine d’une plaque en verre ou d’une mini-serre pour générer une atmosphère humide, le temps de la levée. Cette action, bien qu’optionnelle, accélère la germination et diminue les risques de manque d’eau. En effet, l’eau se retrouvant en milieu fermé, ne peut s’évacuer en dehors de la mini-serre. La seule contrainte est que des moisissures ou des algues peuvent apparaitre en surface du terreau au bout de quelques jours : retirez dans ce cas le couvercle de la mini-serre.

La mini-serre est pratique pour hâter la germination

Ensuite, dès que les germes pointent, il est indispensable de retirer le couvercle de la mini-serre.

Quelques autres conseils :

De manière générale un léger manque d’eau est toujours préférable à un excès d’eau permanent.

Lors du semis, une astuce consiste à arroser avec de l’eau tiédie afin de jouer également sur la température.

3) La lumière

La plupart des semences n’ont pas besoin de lumière pour germer. Hormis quelques espèces qui ont besoin de lumière, sinon elles ne germent pas, comme la digitale. Le basilic en aurait également besoin, il faut donc veiller à ne pas trop recouvrir ses graines lors du semis.

Comme nous l’avons vu dans l’introduction, dès que les plantules germent la lumière est indispensable pour favoriser la bonne croissance des plantes.

Pour les semis à l’intérieur nous pouvons considérer deux sources lumineuses : la lumière naturelle et la lumière artificielle.

La lumière naturelle

A l’intérieur de la maison la luminosité est souvent insuffisante, et ce même à proximité des fenêtres.

Les semis doivent être placés à proximité d’une fenêtre bien exposée, en évitant les situations brûlantes. Avec un bon effet de serre dû au vitrage le soleil direct peut parfois brûler les jeunes plantules. Si vous n’avez pas le choix vous prendrez soin de placer un voilage léger comme un rideau. On évitera aussi les fenêtres exposées au nord, qui ne reçoivent pas de soleil.

En cas de doute sur le meilleur emplacement dans votre habitation, vous pouvez vous aider de l’application gratuite Lux Light Meter, à installer sur votre smartphone. Celle-ci indique le nombre de Lux en direct lorsque vous déplacez votre smartphone.

Chaque année je peux voir des jardiniers qui sèment trop tôt à l’intérieur : dès janvier. Rappelez-vous dans l’article sur l’exposition du soleil, qu’en décembre on a le minimum de soleil (soit environ 8 heures par jour), or la tomate a idéalement besoin de 14 à 16 heures de lumière par jour. Si on démarre le semis au mois de mars on gagne déjà 4 heures de lumière naturelle, ce qui n’est pas du tout négligeable. On aura tout de même un manque (d’autant plus que la lumière n’est pas optimale à l’intérieur de la maison) et les plantules vont s’étioler un peu (les feuilles vont se diriger vers la lumière) mais beaucoup moins qu’en démarrant en décembre, en janvier et même jusqu’à la mi-février.

Afin de limiter cet étiolement il faut tourner d’un quart les terrines tous les jours.

La lumière artificielle

Il y a bien sur une alternative très efficace, c’est de cultiver les jeunes plantules sous des lumières artificielles horticoles. Ces lumières spécifiques permettent aux plantes de faire de la photosynthèse et donc de croitre correctement sans filer. Les lampes produites ont longtemps été très énergivores, mais aujourd’hui les fabricants proposent des lampes à néons ou à LED, beaucoup plus économiques et écologiques.

Des plantules aux tiges robustes grâce à ces néons horticoles. L’application Lux Light Meter indique 40000 lux au niveau du feuillage contrairement aux 3000 lux près de mes fenêtres au mois de mars.

Si la maison est trop sombre on peut aussi laisser allumer ces lampes durant 14 à 16 heures par jour ou éclairer la nuit afin de profiter des heures creuses pour consommer moins d’énergie.

Si ce type d’éclairage vous intéresse nous verrons plus loin comment monter un module d’éclairage simple et à coût raisonnable.

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